Problème de management
Pour caractériser l’environnement actuel des organisations il faut tenir compte des enjeux forts qui pèsent sur elles en termes de pérennité. Les facteurs extérieurs d’influence peuvent en effet avoir pour conséquence de remettre en question l’existence même de l’organisation ou tout simplement d’en modifier le fonctionnement actuel.
Q: quels facteurs mettent en valeur la capacité d’adaptation des organisations à leur environnement ?
Incertitude
Les organisations font généralement face à un environnement caractérisé par l’existence d’un futur non prévisible : on parle alors d’incertitude. C’est Frank KNIGHT (1885-1972) qui différencie en 1921 l’incertitude du risque qui, lui, est probabilisable.
L’incertitude rend les processus de décisions difficiles et particulièrement aléatoires. Les organisations doivent rechercher des informations pertinentes pour agir et décider. La fiabilité des données collectées devient primordiale. Pour imaginer le futur on procédera également à des scénarios en prenant appui sur des méthodes prospectives. Ex : simuler la défaillance d’un fournisseur, prévoir la perte d’un client, imaginer la survenue d’un évènement rare…
En situation d’incertitude, une organisation doit mettre en place des processus de veille informationnelle efficaces pour collecter des données utiles et de qualité. La prise en compte du temps est fondamentale : tenir compte des délais de réaction ou de la flexibilité est essentiel pour la survie de l’organisation. La capacité d’adaptation est essentielle : l’organisation doit avoir des ressources disponibles pour répondre de manière adaptée aux évolutions de l’environnement et y affecter du matériel, des personnes ou des moyens financiers.
Complexité
Les organisations font généralement face à un environnement qui comporte de multiples variables qui sont interdépendantes : on parle alors de complexité.
En situation complexe, une organisation ne peut réellement maîtriser les paramètres de son environnement dont les relations sont interdépendantes. Il est par contre nécessaire de repérer ces relations et de les comprendre. Durand (2017) montre que la méthode qui permet de répondre à cet environnement est la systémique qui mobilise quatre concepts : les interactions, la globalité, l’organisation et la complexité.
Les travaux de Jacques Mélèse, Jean-Louis Le Moigne ou Ludvig von Bertalanffy mobilisent la systémique en s’inspirant de ses applications en ingénierie ou en biologie. Leurs analyses ont permis de proposer une modélisation qui aide à appréhender la complexité sans céder au simplisme. Dans un modèle systémique : on identifie un phénomène (il correspond à la « boîte noire » qu’il convient d’interpréter), on recherche ce qui le nourrit (les flux entrants, les intrants), on constate ce qu’il produit (les flux sortants, les extrants), on identifie ce qui le perturbe et on analyse les rétroactions que les sorties ont sur les entrées (feedback).

Risque
Le management des risques consiste à identifier les évènements probables qui ont lieu dans l’environnement des organisations et qui vont avoir un impact sur elles. Cet impact peut être positif ou négatif. Cette cartographie des risques permet alors de trouver des solutions pour y faire face.
Le management des risques est en effet associé à la notion de « menaces » : il s’agit des évènements qui empêchent l’organisation d’atteindre ses objectifs. Comme le risque est probabilisable, la meilleure réponse est de les évaluer puis d’en assurer le suivi et le contrôle pour déterminer s’il faut recourir à une assurance.
Les risques sont divers : on distingue les risques internes qui découlent des activités opérationnelles de l’organisation (ex: erreur de fabrication, défaut d’un fournisseur, dépendance à un client) et sont souvent analysés en contrôle de gestion ; les risques économiques qui ont une forte dimension financière (ex: variations de change, évolution des taux, liquidité, arrivée d’un nouveau concurrent) ; les risques systémiques qui sont associés à l’interdépendance des organisations (ex: impact d’une crise macroéconomique, choc pétrolier, changement de régime politique) et les catastrophes qui sont des évènements très rares aux conséquences particulièrement graves (ex: climat, incendie).
Conclusion
Dans un environnement incertain et complexe, le management cherche à trouver des solutions en termes de risques pour guider les conduites mais comme il s’agit d’évènements extérieurs, pour y faire face se développe la gestion de crise qui vise à assurer la survie des organisations dans des moments clés.
Repères bibliographiques
DURAND, Daniel : La systémique, Puf, 2017
HASSID, Olivier : Management des risques et des crises, Dunod, 2011
HASSID, Olivier & LAGARDE, Lucien : Menaces mortelles sur l’entreprise française. Déstabilisation, espionnage et faux procès, Nouveau Monde, 2016
KNIGHT, Frank : Risk, uncertainty and profit, Signalman Publishing, 1921
VOLLE, Michel : e-Economie, Economica, 2000
Pour aller plus loin
BERTALANFFY, Ludwig von : Théorie générale des systèmes, Dunod, 1993
LE MOIGNE, Jean-Louis : La modélisation des systèmes complexes, Dunod, 1999
MÉLÈSE, Jacques : La gestion par les systèmes, Éditions Hommes et Techniques, 1968
MÉLÈSE, Jacques : Approches systémiques des organisations Vers l’entreprise à complexité humaine, Éditions d’Organisation, 1990
PRADIER, Pierre-Charles : La notion de risque en économie, La Découverte, 2006