C’est une des possibilités existantes pour rémunérer les apporteurs de capitaux.
À comparer à la politique de dividendes, opération exceptionnelle en toute logique.
Système peu développé en France avant l’assouplissement de la législation en 1998.
Différence de traitement fiscal jusqu’en 2008 : les rachats d’action sont imposables sur la plus-value au taux forfaitaire. Réforme fiscale en 2002 aux USA.
Principe de base : transferts de liquidités vers les actionnaires. L’entreprise peut chercher à conserver la répartition du capital ou au contraire favoriser sa réorganisation.

Aspects techniques du rachat d’actions
L’entreprise rachète ses propres actions pour les conserver à son actif ou pour les annuler.
Dès lors, un rachat d’actions devient une réduction de capital.
Cette réduction se traduit par une distribution de trésorerie :
- réduction du nominal
- programmes de rachat d’actions (pour les sociétés cotées, dans la limite de 10 % du capital sur 18 mois maximum). Ils font l’objet d’une note auprès de l’AMF.
Sur le plan comptable, les normes IFRS prévoient que l’acquisition des actions réduit le montant des capitaux propres consolidés.
Méthodes de rachat :
- offre publique de rachat (pour les sociétés cotées) votée en AGE
- rachat au fil de l’eau (pour les sociétés cotées) au prix du marché
- bon de rachat d’actions (remis aux actionnaires) pas utilisé en France
- rachat de bloc (pour un actionnaire spécifique)
- enchères hollandaises : différents prix de rachat à la discrétion des actionnaires
Le rachat d’actions agit sur le cours du titre : les bénéfices sont réduits suite à l’opération (du fait des frais financiers) mais le bénéfice par action ou le price earning ratio augmente.
Cela découle du fait que le rachat est généralement financé par la dette.
Le rachat peut être créateur de valeur dans trois cas de figure :
- le prix proposé est inférieur à la valeur estimée de l’action
- l’augmentation de la dette va améliorer le fonctionnement de l’entreprise
- les fonds rendus ont une rentabilité inférieure au coût du capital
Aspects managériaux du rachat d’actions
Les rachats d’actions sont une alternative aux dividendes, ce ne sont pas des décisions substituables. Il faut tenir compte de plusieurs critères :
- la flexibilité : ce sont des opérations ponctuelles liées à des circonstances spécifiques (contrairement aux attentes d’une politique de dividendes)
- le signal : ce sont des opérations qui donnent peu d’informations sur les revenus futurs (contrairement aux distributions de dividendes). Adapté à une activité cyclique
- l’actionnariat : si certains actionnaires ne participent pas aux opérations de rachat, leur part dans le capital peut s’accroître
- les stock-options : la réduction de la valeur de l’action peut réduire l’intérêt de l’option (sauf si la législation permet un ajustement du prix d’exercice)
- la fiscalité : si l’imposition des plus-values est inférieure à celle des dividendes, il peut être préférable de céder ses titres pour un actionnaire
- le cours de l’action : si le bénéfice par action augmente c’est que l’entreprise pouvait simplement accroître son endettement, le titre était sous-évalué
Conclusion :
le greenmail
Certains actionnaires entrent au capital des entreprises et plaident pour une réorganisation radicale de la gestion. Le rachat d’actions (en bloc) permet d’échanger des liquidités contre la menace d’une OPA ou d’une chute des cours en cas de vente des actions détenues.
Références
FENN, George & LIANG, Nellie : Good news and bad news about share repurchases, Federal Reserve, 1998
GRULLON, Gustavo & MICHAELY, Roni : Dividends, Share Repurchases, and the Substitution Hypothesis, Journal of Finance, 2002
GRULLON, Gustavo ; MICHAELY, Roni ; BENARTZI, Shlomo & THALER, Richard : Dividend Changes Do Not Signal Changes in Future Profitability, Journal of Business, 2005
JAGANNATHAN, Murali ; STEPHENS, Clifford & WEISBACH, Michael : Financial Flexibility and The Choice Between Dividends and Stock Repurchases, Journal of Financial Economics, 2000 STEPHENS, Clifford & WEISBACH, Michael : Actual Share Reacquisitions in Open-Market Repurchase Programs, Journal of Finance, 1998