Ce sont des décisions de l’entreprise qui affectent son organisation en modifiant le nombre de titres en circulation et les structures juridiques.

La modification du nombre d’actions en circulation
Ce sont des opérations qui ont pour but de modifier la valeur par action en fournissant de l’information sur les marchés financiers.
Les divisions d’actions
On parle aussi de split d’action : l’entreprise donne à chacun des actionnaires des titres supplémentaires en proportion du captal détenu.
En principe, il n’y a donc pas de versement de liquidité ou de modification de l’actionnariat.
La modification du nombre de titres n’a pas d’effet sur la valeur de l’entreprise qui découle de ses flux de trésorerie futurs.
Ces opérations ont plusieurs motivations :
- le maintien du cours de l’action dans une fourchette souhaitée
- l’entreprise signale que ses profits vont augmenter (et logiquement les cours)
Les études empiriques confirment cette hypothèse de signal : les splits d’action sont généralement suivis d’une augmentation des rendements. Même si cela peut entraîner un accroissement des coûts de transaction : le nombre d’actions réduit le volume des échanges. Copeland (1979)
Le versement de dividendes en actions
Les actionnaires reçoivent de nouvelles actions de la firme.
Cette méthode n’est efficace que si elle traduit une anticipation des profits futurs, sinon les investisseurs préfèrent un dividende classique.
Cela s’explique par des différences de classe d’actions : certaines offrent spécifiquement un dividende en action et sont donc rémunérées par des plus-values.
Le regroupement d’actions
L’entreprise qui souhaite lutter contre la baisse du cours de son action va fusionner plusieurs actions en une seule. Ainsi le montant du titre augmente.
Le but est d’éviter que le prix des actions soit trop faible, ce qui accroît les coûts de transaction et peut entraîner une radiation de la cote.
La modification des actifs de la firme
Les cessions d’éléments d’actif
L’entreprise vend des actifs ou une de ses divisions au plus offrant. Elle obtient ainsi des liquidités lui permettant d’investir ou de rémunérer les apporteurs de capitaux.
L’initiative peut venir de l’entreprise vendeuse ou de l’acheteur.
- si le désinvestissement est égal à la valeur actuelle des flux de trésorerie attendus, l’opération ne modifie pas la valeur de la firme
- si le désinvestissement dépasse la valeur actuelle des cash flows, la valeur de l’entreprise augmente (et réciproquement)
Cette opération a plusieurs justifications :
- valorisation supérieure des actifs par l’acheteur
- besoin de liquidités du vendeur
- revalorisation des activités restantes de l’entreprise
Les rendements augmentent du fait de la restructuration quand le prix de l’opération et la stratégie en découlant est connue. Klein (1986)
Les scissions d’entreprise
L’entreprise distribue en dividendes les actions d’une filiale.
On distingue trois formes : (parfois pour des raisons concurrentielles)
- spin off : séparation d’actifs spécifiques dans une filiale en distribuant des dividendes en actions (de la filiale) à la société mère
- split up : disparition de la société mère par création de filiales indépendantes
- split off : plan de rachat d’actions payé en actions de la filiale
Procédure complexe (en particulier sur le plan fiscal) qui permet aux nouvelles divisions :
- d’opérer un recentrement
- de réduire les frais généraux
- de réaliser des économies d’impôts pour les actionnaires
- de diversifier les risques
Ces opérations permettent de générer de meilleurs rendements. Cusatis, Miles & Woolridge
Les opérations d’equity carve out (ECO)
L’entreprise se sépare de ses actifs pour vendre au public les actions de la nouvelle division.
Le but est donc d’obtenir des liquidités.
Conclusion
L’émission d’actions traçantes (tracking stock)
Les entreprises créent des actions portant sur des filiales qui reflètent la performance des unités prises séparément. On parle parfois d’actions reflets.
Elles informent le marché sur la valeur de ces divisions. La société mère conserve le contrôle des filiales tout en favorisant l’obtention de liquidités.
Références
COPELAND, Thomas : Liquidity changes following stock splits, Journal of Finance, 1979
CUSATIS, Patrick ; MILES, James & WOOLRIDGE, J Randall : Restructuring through spin offs, Journal of Financial Economics, 1993
GREENBLATT, Mark ; MASULIS, Ron & TITMAN, Sheridan, The Valuation Effects of Stock Splits and Dividends, Journal of Financial Economics, 1984
KLEIN, April : The Timing and Substance of Divestiture Announcements, Journal of Finance, 1986
SCHIPPER, Katherine and SMITH, Abbie : A Comparison Of Equity Carve-Outs And Seasoned Equity Offerings, Journal of Financial Economics, 1986